   
> Actualités Etienne BLANC réagit aux propos du Directeur des Hopitaux Universitaires de Genève
Les déclarations du Directeur des Hôpitaux Universitaires Genevois, confirmées par le Président du Conseil d’Etat de la République et Canton de Genève, selon lesquelles une procédure spécifique serait mise en place pour favoriser le recrutement de cadres genevois en lieu et place de cadres français pour les hôpitaux, créent une très vive émotion dans la région lémanique et particulièrement chez les frontaliers.
La priorité ou le privilège donné au recrutement de nationaux, de natifs ou de résidents spécifiques, est absolument contraire aux principes généraux du droit européen qui veulent lutter contre toute discrimination à l’embauche en raison du principe de la libre circulation et du libre établissement sur l’ensemble du territoire européen. Les familles politiques libérales, démocrates chrétiennes devraient s’attacher à ce que jamais aucune exception ne soit apportée à ce principe essentiel à la cohésion européenne.
Mais cette protection spécifique dont bénéficieraient les résidents genevois paraît surtout totalement contradictoire avec la mise en œuvre d’un projet d’agglomération ; une agglomération au sein de laquelle on ne saurait distinguer les personnes, pour l’accès à des activités professionnelles, en fonction du lieu de résidence.
D’ailleurs, les ressortissants suisses et leurs autorités le savent bien. Le projet d’agglomération vise à mieux organiser une région au sein de laquelle une activité économique florissante voit le jour sur le territoire suisse, laquelle crée des emplois qui attirent des salariés qui viennent se loger en France. Plus l’activité économique se développe en Suisse, plus le nombre de frontaliers augmente. Dès lors, comment se plaindre que la proportion de frontaliers au sein des entreprises suisses soit importante ?
Si la Suisse voulait qu’il en soit autrement, il faudrait qu’elle construise autant de logements qu’elle accueille de salariés, ce qu’elle ne peut faire ou ne veut faire pour des raisons diverses.
Enfin, on ressent bien la pression que subissent aujourd’hui les partis politiques suisses du fait de la montée du populisme et de l’importance qu’il prend sur le Canton de Genève. Mais lutter contre les mesures simplistes, que suggèrent ces mouvements populistes ne passe pas par la reprise de leurs propositions et notamment celles qui relèvent du protectionnisme ou de la discrimination. Procéder ainsi ouvrirait la porte à un retour en arrière, à de nouveaux contrôles aux frontières, à la remise en œuvre des permis de travail, à des systèmes de quotas qui sont aujourd’hui totalement dépassés ou, en tous cas, parfaitement proscrits par l’Union Européenne.
La noblesse de la politique, c’est parfois de dire tout fort ce que l’on pense tout bas en se gardant bien de complaisance avec des solutions politiques que l’on sait impossibles à mettre en œuvre.
     
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